Qu’est-ce que le mariage?

« Le mariage a été institué par Dieu ». Qu’entend-on par là et quelles conséquences en tirer ?

1) Le mariage chrétien suppose davantage que la loi naturelle . Or, dans la loi naturelle, on trouve déjà unité et indissolubilité .

Il y a donc dans le mariage chrétien « autre chose », mais quoi ?

Pour le découvrir, il faut partir de la Genèse, Livre qui introduit au coeur de la relation entre l’homme et Dieu. Cette démarche a d’ailleurs été celle des Pères de l’Eglise et des théologiens (sérieux), étant observé que la théologie du mariage semble avoir connu un approfondissement significatif au XXème siècle, en particulier si l’on se réfère à « Gaudium et Spes » (Concile Vatican II) et aux textes de Jean Paul II. Cet approfondissement a porté non pas sur la doctrine du mariage au sens strict, laquelle n’a pas changé, mais sur la portée eschatologique de l’institution .

2) Prenons donc la Genèse.

a) L’homme est créé à l’image de Dieu, il est créé homme et femme, et en tant que homme et femme il est à l’image de Dieu. Comment concevoir cette dualité, comment peut-elle ne pas être stérile et conflictuelle ?

La réponse tient en ce que cette dualité est fondée en Dieu.

L’humain est en effet pensé par Dieu en deux personnes. Cela signifie que ce qui fait la réalité, l’essence du couple humain trouve son origine ontologique en Dieu. Dès le « départ », le couple est ouvert sur une troisième personne, Dieu. De ce fait, sa dualité est résolue dès l’origine, sublimée, en quelque sorte, dans l’unité divine. D’emblée le couple humain apparaît comme en écho à l’unité de la Trinité.

b) Autre constatation: la Genèse nous présente l’homme dans le jardin d’Eden.

Or, d’une part, dans ce jardin, quoiqu’il en soit au coeur, tout ne lui est pas accessible. Ceci est « normal », puisqu’il doit « croître »: tout ne peut lui être donné, et la connaissance du Bien et du Mal demeurera toujours au delà de son atteinte.

D’autre part (et il s’agit là d’une pédagogie divine), Adam se découvre seul, c’est à dire élu, limité, désirant une relation avec son semblable.

Ce semblable lui étant donné avec la femme, la croissance ontologique d’Adam (et de l’humain) se fera donc dans l’approfondissement et la réalisation de l’unité entre l’homme et la femme, laquelle est fondée en Dieu, et cette démarche ne peut exister qu’en Dieu.

C’est ici qu’il faut bien prendre en compte la portée du péché originel: avant ce péché, Dieu est bien au coeur de la relation homme-femme. Et l’homme et la femme vivent cette relation de telle façon qu’elle les introduit nécessairement à la dimension « trine », et au « fait » que cette relation est comme un écho de la Trinité.

En résumé, par suite, le mariage est essentiellement trinitaire, et c’est pour cela que l’on peut d’abord dire qu’il est institué par Dieu.

c) On pourrait se demander comment appréhender dans ces conditions l’incarnation et la rédemption du Christ.

En fait, le péché a porté une atteinte grave à la relation non seulement entre l’homme et la femme mais à la relation entre l’Homme et Dieu. « Où est-tu ? », demande Dieu à Adam après que celui ait goûté à la pomme de l’arbre défendu. En s’incarnant et par la Rédemption, le Christ restaure la relation qui avait été rompue. Le Fils lui même restaure la relation filiale entre l’homme et le Père. Or, dit Saint Paul, « dans le Christ, l’homme n’est pas sans la femme ni la femme sans l’homme » (Cor I, 11,11). C’est dire que l’unité retrouvée dans le Christ touche au premier chef l’homme et la femme dans le mariage chrétien.

d) En fait, le mariage chrétien peut être considéré comme l’icône de l’Union entre le Christ et son Eglise. « Le mystère du mariage est de grande portée, dit encore Saint Paul: je veux dire qu’il s’applique au Christ et à l’Eglise » (Eph 5, 32).

Dès lors, l’accomplissement du mariage est participation directe au mystère de la Rédemption. « Les deux dimensions de l’amour, la dimension nuptiale et la dimension rédemptrice pénètrent la grâce du sacrement dans la vie des époux » (Jean Paul II, « Résurrection, mariage et célibat », 3-17).

En d’autres termes, la réalisation de l’unité entre l’époux et l‘épouse, l’accomplissement du mariage au fil de l’existence font participer directement à l’oeuvre de rédemption. Et c’est en cela qu’il dépasse totalement la seule loi naturelle.

3) Se pose alors la question du célibat par rapport au mariage.

Mais, sur ce point, la doctrine est très claire: le célibat demeure « meilleur » (Concile de Trente). Par le célibat consacré, l’être humain s’associe en effet directement à l’oeuvre unitaire et rédemptrice du Christ, en « brûlant » en quelque sorte les étapes que devront respecter, dans le temps, les époux.

Il s’agit donc des deux facettes d’une même démarche: le retour à Dieu, par le Christ, mais l’une demeure plus radicale que l’autre.

« Votre profession religieuse, écrit Jean Paul II, est marquée de la ressemblance avec l’amour qui, dans le coeur du Christ, est rédempteur et à la fois nuptial… La virginité consacrée est expression de l’amour nuptial pour le Rédempteur ».

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Cf. Concile de Trente
Cf. Dumeige: « La foi catholique »:
Phénomène d’autant plus remarquable que le mariage,en tant qu’union mari-femme disparaîtra dans la Jérusalem céleste. « Tous seront comme les Anges de Dieu dans le ciel » (Mt 22,30).

AB et PB

Publié dans : Des sujets brûlants... |le 3 juin, 2010 |Pas de Commentaires »

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